3 septembre 2022

Dans B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e ce week-end, les appels à la sobriété énergétique, la conduite autonome, les expressions moyenâgeuses que l’on emploie encore et une rencontre avec les doubleurs des Simpson.

On revient au début

Les appels à la sobriété énergétique

La Première ministre, Élisabeth Borne, a appelé mardi sur TMC à tout faire pour « baisser nos consommations » d’énergie afin d’éviter « d’arriver à des situations où on devrait avoir des coupures ». La veille, elle avait invité les entreprises à « établir en septembre » des plans de sobriété énergétique. Ce concept est apparu dans les années 1970 et répond à des considérations économiques, stratégiques et environnementales.

Le concept

L’association Négawatt, qui défend depuis sa création, en 2001, la sobriété énergétique, définit celle-ci comme une « démarche de réduction des consommations superflues » reposant sur « une hiérarchisation des besoins qui peut s’exercer au niveau individuel comme s’organiser au niveau collectif ». Ce concept diffère de celui d’« efficacité énergétique », qui consiste, selon Négawatt, à « réduire la quantité d’énergie nécessaire à la satisfaction de ces besoins », par exemple en optimisant certains processus techniques. « L’efficacité énergétique consiste à consommer mieux, la sobriété à consommer moins », résume auprès de B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e Bruno Villalba, professeur de sciences politiques à AgroParisTech. La notion de sobriété énergétique implique un changement de philosophie par rapport au modèle économique des Trente Glorieuses (1945-1973), période durant laquelle « les gouvernements entretiennent la promesse de l’abondance : le système industriel et commercial marche à plein, la distribution et la mobilité explosent et une grande partie de la population française accède à un niveau de confort inédit », explique Bruno Villalba.

Les dates clés

  • 1972
    Publication du rapport Meadows

    En mars 1972, trois scientifiques de l’institut américain MIT publient « Les Limites à la croissance ». Ce texte, surnommé le « rapport Meadows », leur a été commandé deux ans plus tôt par le Club de Rome, un groupe de réflexion international réunissant notamment des scientifiques, des économistes, des hauts fonctionnaires et des industriels. Les auteurs alertent sur la finitude des ressources et sur le besoin de consommer moins : « Si les tendances actuelles de croissance de la population mondiale, de l’industrialisation, de la pollution, de la production alimentaire et de l’épuisement des ressources se poursuivent sans changement, les limites de la croissance sur cette planète seront atteintes dans les 100 prochaines années. » Lors de sa publication, le « rapport Meadows » a suscité « d’énormes désaccords », raconte Dennis Meadows, l’un des coauteurs, dans une interview au magazine Socialter en 2022. Ses détracteurs trouvaient « ses implications inacceptables, comme réduire les combustibles fossiles ou promouvoir la stabilité démographique », poursuit-il.

  • 1979
    La « chasse au Gaspi »

    En juillet 1979, dans le contexte du deuxième choc pétrolier et alors qu’un rationnement du fioul vient d’entrer en vigueur, le gouvernement de Raymond Barre lance la campagne « chasse au Gaspi ». Celle-ci vise à inciter les particuliers à lutter contre le gaspillage d’énergie, représenté sous la forme de la mascotte Gaspi. Des conseils de « conduite économique » ou encore d’isolation thermique des logements sont dispensés à la télévision et à la radio sous la forme de spots publicitaires. En 1980, le ministre de l’Industrie, André Giraud, estime que cette campagne a permis d’économiser 225 000 tonnes de pétrole sur un an, selon un article publié à l’époque par Le Monde. Le professeur de sciences politiques Bruno Villalba explique que cette invitation à la sobriété « fonctionne particulièrement bien », car elle « fait appel à la rationalité économique des ménages ». Face aux deux chocs pétroliers des années 1970, la France cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des pays producteurs. Elle accélère dans le même temps le développement de son programme nucléaire civil – qui représente désormais près de 70 % de l’électricité produite en France.

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